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C’est enfin le signal ? Qu’est-ce que vous en pensez? Un ministre de la culture sans frontière Aillagon
relance le platt et embrasse sa maman Visite à Luxembourg,
déjeuner de travail en Sarre, table ronde de la coopération transfrontalière,
relance du « platt » à Sarreguemines, organisation à Sarrebruck d'une
exposition sur la relation artistique franco-allemande au XXe siècle, baisers
à sa maman : la dernière jour-née décentralisée du ministre Jean-Jacques
Aillagon était vraiment sans frontière. Un voyage ministériel vécu de l'intérieur
est impressionnant avec son cortège de voitures officielles pris en charge
par les motards français, puis luxembourgeois, et enfin une voiture de police
allemande, toutes sirènes et feux dehors, sortie d'un épisode de Derrick. A
Luxem-bourg, le ministre de la Culture et de la Communication a été accueilli
par son homologue grand-ducal Erna Hennicot-Schoepges pour une première
réunion de travail avec l'ambassa-deur de France Pierre Garrigue-Guyonnaud,
le conseiller culturel Benoît Choquet et le consul à Luxembourg Claude Babin.
Après une courte étape pour bénéficier de la vue panoramique de l'abbaye de
Neumunster, les ministres visitèrent de conserve, sous la conduite de son
directeur Claude Frisoni, l'impressionnant chantier de ce qui sera le Centre
de rencontres internationales et l'Institut Pierre- Werner: salle de concert,
accueil d'écrivains, résidences d'artistes, musée d'art contemporain et
espace extérieur gigantesque donnant sur un décor « digne de
Baalbeck » de falaise couronnée de bastions de Vauban dominant
l'Alzette. A Sarrebruck, Jean-Jacques
Aillagon, dont le grand père naquit à Lauterbach sur la frontière sarroise, a
été accueilli comme un ami de la famille. Dépassant très vite le cadre
protocolaire, Peter Müller, ministre président de la Sarre, entouré de Karl
Rauber, secrétaire d'État à la chancellerie, Jürgen Schreier, ministre de la
Culture, Helga Knich-Walter, directrice de la Culture, Christine Klos,
secrétaire général de l'Université franco-allemande, dit tout son bonheur d'accueillir
le ministre de la Culture et de la Communication français, lui qui vient
d'être désigné comme ministre plénipotentiaire chargé de la coopération
culturelle franco-allemande, qui en fait le principal interlocuteur fédéral
pour la Culture. Entouré de l'ambassadeur de France Claude Martin, du consul
général à Sarrebrück Gérard Graal, du DRAC de Lorraine Daniel Barroy,
de Benoît Paumier, chef du département des affaires internationales au
ministère, des deux Lorrains Hélène Duchêne, conseillère aux affaires
internationales, et Laurent Brunner, conseiller au spectacle vivant, de
Jean-Paul Ciret, directeur de la communication, Jean-Jacques Aillagon a
débattu avec Peter Müller, entre le Grauer Burgunder Petgen-Dahm et Les
Carmes Haut-Brion Pessac-Léognan 1996, de la redynamisation d'Arte, de l'aide
à apporter à Euronews pour en faire une véritable télévision d'information
européenne, d'une politique de reconquête familiale et éducative du
français et de l'allemand « comme une seconde langue maternelle »
face à l'hégémonie de l'anglais, d'une nouvelle lune de miel pour le vieux
couple franco-allemand dont la relation Lorraine-Sarre serait le moteur des
amours, d'une harmonisation européenne de la TVA sur les produits culturels,
de la culture comme relance de l'imagination et de la créativité européenne,
d'un front commun européen bâti sur la relation Sarre-Lor-Lux pour lutter
contre le danger du modèle unique américain (politique européenne de quota?).
« L'absolue libéralisation peut avoir des effets dévastateurs,
banalisateurs. » Et le ministre français de
proposer que soit annoncée en 2003 l'organisation, à Sarrebruck, d'une grande
exposition sur la relation artistique franco-allemande au XXe siècle,
« un pendant à celle de Paris-Berlin à l'ouverture du Centre Pompidou en
1978. J'aimerais en confier la responsabilité au Sarrois Spiess, qui fut le
premier directeur de Beaubourg. » Jean-Jacques Aillagon et Peter Muller ont
partagé pleinement la définition de la politique culturelle, alchimie de rêve
et de raison, d'illusion et de réalité. L'exemple de France Journal Accueilli en fanfare comme
l'enfant prodigue à Sarreguemines, le ministre a insisté une fois encore
sur l'aide qu'il apportera à toutes les initiatives vivantes, culturelles,
éducatives - il en touchera un mot à Luc Ferry - de transmission, de relance
du francique, du « platt » comme porte d'entrée à une meilleure
approche de la langue du voisin. Évo-quant ses souvenirs de France Journal,
ancienne édition en langue allemande du Républicain Lorrain, le ministre,
tout en rappelant que la langue de la République était le français, confirma
qu'il aiderait les journaux frontaliers qui intégreraient dans leurs pages
des rubriques en dialecte et dans la langue du voisin germanique. Richard BANCE. Républicain Lorrain, Dimanche, 08/12/2002 !
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